Le media training n’est pas l’art de la langue de bois !


« Il a fait du media training », « il a bien besoin d’un bon media training ». Voici des réflexions que l’on lit, ou entend, souvent. Dans le monde politique, ou de l’entreprise.

Dans les deux cas, elles sont péjoratives. Comme si le media training vidait les paroles de leur intérêt, mais permettait au moins de les rendre intelligibles 🙂

Et pourtant : le media training n’est absolument pas l’art de parler pour ne rien dire, ou celui de la langue de bois. Bien au contraire. A la limite, il n’est même pas l’art, -ou du moins pas nécessairement – de bien parler aux médias….

Le media training, tout d’abord, ne représente que  « la cerise sur le gâteau » dans une stratégie d’amélioration de son expression orale. Rien ne sert de s’offrir de coûteuses séances de media training si l’on n’a pas, auparavant, soigneusement réfléchi à ce que l’on avait à communiquer et à la meilleure façon de le faire. Si l’on n’a pas, autrement dit, pris quelques instants pour faire le point, avec le plus de recul possible, sur la situation (de l’entreprise, de l’action politique, de l’ONG), sa stratégie, ses défis, etc.  Puis, travaillé à la mettre en forme à l’écrit et à l’oral. Bref, si l’on n’a pas, préalablement, soigné son « pitch ». Cela  s’apprend également bien sûr (et on est là pour vous y aider :)) , mais théoriquement, le travail doit avoir été réalisé avant la séance de media training.

Le media training, en effet, est l’instant où ce message se confronte aux attentes supposées des médias. Des médias au sens large : certes, le média training est particulièrement indiqué pour tous les cadres et décideurs susceptibles de répondre aux questions des journalistes. Mais pas seulement : ceux qui interviennent régulièrement dans des conférences, des tables-rondes, ou doivent répondre aux questions de leurs équipes,  en tireront également un grand profit.

En quoi consiste donc le media training ? Tout simplement à savoir adapter son discours à son auditoire.

Discours, auditoire : les deux termes sont importants. Souvent en effet, les décideurs se focalisent, tout naturellement, sur les informations qu’ils entendent absolument faire passer (et plus encore sur celles qu’ils souhaitent inversement garder secrètes !). Oubliant parfois que telle n’est pas l’attente -ou du moins pas la seule attente- de l’auditoire : le lecteur d’un magazine technique s’intéressera aux produits fabriqués par une PME industrielle tandis que celui d’un quotidien régional s’interrogera surtout sur les investissements locaux réalisés.  Le téléspectateur du journal télévisé, lui,  se passionnera peut-être plus pour un phénomène plus global, comme la génération d’entrepreneurs à laquelle le fondateur appartient, ou encore son mode de management.  Le media training, c’est donc en premier lieu l’endroit où l’on apprend à trouver le bon équilibre entre ce que l’on a envie de dire et ce qui intéresse le journaliste/l’auditoire.  Le plus naturellement, et de la façon la plus intéressante possible !

Le media training consiste également à ajuster son vocabulaire à son public : jargon, phrases alambiquées, explications trop complexes ne trouveront jamais grâce au montage ou à la rédaction. Plutôt que d’accuser le journaliste d’avoir trop (et mal) simplifié, ou le public de n’avoir posé aucune question, mettez-vous à leur place ! Simplifier ses tournures et ses termes constitue, toujours, même devant un public averti, un énorme avantage. Mieux on vous comprendra, plus on vous appréciera.

Mais bien sûr, le media training est aussi le lieu où se teste, et se travaille, l’attitude du décideur face au journaliste, à la caméra et au public.  Car l’information ne vient pas exclusivement des paroles émises, mais aussi du langage corporel utilisé.  L’outil vidéo se révèle ici extrêmement utile : se voir constitue souvent le meilleur des débriefings.

In fine, un bon media training ne débouchera jamais sur la parfaite maîtrise de la langue de bois. Ou même de la diplomatie.  Mais bien sur un discours intéressant, fluide, et, si possible, comportant une graine d’inattendu. Et d’originalité !

 

 

 

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